Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
11 août 2022 4 11 /08 /août /2022 08:11

Pierre-Jean Fabre

 

 

(1588 - 1658)

 

 

 

médecin et alchimiste français.

 

 

Image dans Infobox.

 

 

Pierre-Jean Fabre est clairement influencé par Jean-Baptiste Van Helmont (1579-1644), notamment lorsqu'il fait de la fièvre une colère de l'archée (esprit vital des paracelsiens) ou lorsqu'il traite de l'alkahest ou dissolvant universel.

 

 

L'alkalhest (Alchahest chez Paracelse) est une hypothétique substance alchimique. Le mot, inventé par Paracelse pour désigner une mystérieuse médecine pour le foie, fut repris par Jean-Baptiste van Helmont qui en fait le dissolvant universel capable de ramener tout corps à sa matière première (la materia prima des alchimistes). Malgré des propriétés paradoxales, dissolvant toute matière il ne peut être contenu dans aucun récipient, le concept connaîtra une fortune importante chez les chimistes/alchimistes de la seconde moitié du XVIIe jusqu'au début du XVIIIe siècle1.

 

 

Aux yeux de ses contemporains, Pierre-Jean Fabre est reconnu comme une autorité sur la peste de 1628-1632 (sud de la France et Italie du Nord) contre laquelle il recommande des remèdes chimiques dont l'utilisation du vinaigre.

 

 

Que sait-on du vinaigre en 1629?

 

 

À partir de 1628, la peste frappe le Lauragais. Pierre Jean Fabre tire de son expérience de soignant un Traicté de la peste selon la doctrine des médecins spagyriques, ouvrage publié à Toulouse en 1629, puis en 1653 à Castres, et repris sous le titre de Remèdes curatifs et préservatifs de la peste à Toulouse en 1720 où page 77 il est question du vinaigre.

 

 

fabre_peste6.jpg

 

 

5 000 ans av. J.-C., le vinaigre était utilisé comme condiment et pour la conservation, par les Babyloniens.

 

 

Dès 2 000 ans av. J.-C., le vinaigre est utilisé pour les blessures.

 

 

La Bible fait référence au vinaigre, en particulier le Livre de Ruth : « Le nazir s'abstenait non seulement du vin et de toute boisson fermentée, mais aussi du vinaigre...». Dans l'Antiquité, le vinaigre de raisin ou de palme était principalement consommé pour ses vertus désaltérantes. Sous la Rome antique, la posca était un vinaigre étendu d'eau et adouci au jaune d'œuf : la Sainte Éponge imbibée de cette dernière est tendue à Jésus de Nazareth pour le désaltérer lors de sa crucifixion.

 

 

Avant les travaux scientifiques, le vinaigre était principalement utilisé pour ses propriétés antiseptiques : Pierre-Jean  Fabre a conseillé le vinaigre pour limiter l'épidémie de peste de 1628 - 1632 et Antoine Maille aurait enrayé la Grande Peste de 1720 à Marseille avec son vinaigre des quatre voleurs.

 

 

À la même époque, on utilisait aussi le vinaigre pour purifier l’eau de la Seine avant de la boire ou bien pour étancher sa soif.

 

 

Et après?

 

 

Le vinaigre est une solution aqueuse à faible teneur d'acide acétique, qui entre principalement dans l'alimentation humaine comme condiment et conservateur alimentaire. Le vinaigre d'alcool déshydraté en cristaux est un nettoyant préservant l'environnement.

 

 

Il résulte d'une acescence, consistant en une transformation organochimique d'une solution aqueuse d'éthanol exposée à l'air, dont l'origine est une fermentation acétique produite par oxydoréduction microbiologique.

 

 

Le vinaigre contient donc un pourcentage d'acide acétique — pouvant être mesuré — et l'essentiel de l’éthanol a disparu ou ne subsiste que sous forme de traces d'alcool.

 

 

Formule développée de l'acide acétique.

 

acide éthanoïque ou acide acétique

 

 

Au début du XVIIIe siècle, Georg Ernst Stahl identifie la fermentation acétique de l'éthanol, puis Herman Boerhaave met en évidence la différence entre cette dernière et la fermentation alcoolique. En 1822, Christiaan Hendrik Persoon attribue l'acescence à un biofilm cellulosique qu'il dénomme Mycoderma aceti (littéralement : peau de champignon du vinaigre) : la « mère de vinaigre ». Louis Pasteur, alors au service des vinaigriers français, met en évidence les processus de fermentation alcoolique et de fermentation acétique. En 1864, il identifie l'une des espèces de bactéries acétiques à l'origine de cette dernière : Acetobacter aceti. Après Pasteur, d'autres chercheurs (Hansen, Duclaux, Henneberg…) identifient d'autres espèces de bactéries acétiques.

 

 

Principe de l'acescence

 

 

Dans une solution aqueuse d'éthanol (telle qu'une boisson alcoolisée) ou de glucides non fermentés (telle qu'un moût) exposée à l'air, la fermentation acétique produite par des bactéries acétiques aérobies contribue à l'acidité volatile, particulièrement dans celles résultant directement d'une fermentation alcoolique où subsistent des glucides : vin, bière, saké, cidre, poiré, hydromel, vin d'érable, vin de palme, bière de banane

 

 

Au-delà d'un taux critique d'acidité volatile, la fermentation acétique est à l'origine d'une acescence conduisant au vinaigre, une colonie de bactéries acétiques s'organisant en un biofilm lors de ce processus. En outre, Gluconobacter oxydans peut produire des polysaccharides (glucane, lavane…) lors d'un élevage, rendant ainsi le milieu visqueux.

 

 

Au-delà d'un taux critique spécifique d'acide acétique dans l'acidité volatile, une solution aqueuse d'éthanol peut subir une piqûre acétique par estérification à partir de l'acide acétique et de l'éthanol produisant de l'acétate d'éthyle.

 

 

Partager cet article
Repost0
27 juillet 2022 3 27 /07 /juillet /2022 10:51

Johann Conrad Dippel

 

1673 - 1735

 

 

 

Image dans Infobox.

 

 

 

 

 

il fit quelques découvertes utiles, entre autres celle du bleu de Prusse et de l'huile animale ou huile de Dippel, employée longtemps contre l'épilepsie et le ver solitaire.

 

 

 

4 Fe3+ · 3 Fe(II)(CN)6.svg

 

 

 

 

 

Huile de Dippel ou huile d'os est un produit secondaire azoté de la distillation destructrice des os. C'est un liquide sombre, visqueux, comme du goudron avec une odeur désagréable.

 

Cette huile consiste principalement en des chaînes aliphatiques avec des fonctions azotées provenant de structures incluses comme des pyrroles, des pyridines et des nitriles.

 

La 2,6-diméthylpyridine ou 2,6-lutidine est un composé organique, hétérocyclique et aromatique, naturel, isolé de la fraction de base de goudron de houille et de l’huile de Dippel.

 

Image illustrative de l’article 2,6-Diméthylpyridine

 

 

 

Que sait-on du bleu de prusse en 1706?

 

 

 

Le marchand de couleurs Johann Jacob Diesbach découvrit accidentellement ce colorant bleu dans le laboratoire de Johann Conrad Dippel à Berlin entre 1704 et 1707, très probablement en 1706.

 

 

D'après le chimiste Georg Ernst Stahl, Diesbach essayait de produire de la laque de Florence, un pigment carminé à base de cochenille et d'alun. Habituellement, il faisait bouillir des cochenilles finement pulvérisées dans de l'eau puis il ajoutait de l'alun, du sulfate de fer et de la potasse. Un jour, qu'il était à court de potasse, il en emprunta à son collègue Dippel qui travaillait sur l’huile animale, une préparation à base de sang d'animal. Quand il rajouta cette potasse, qui était contaminée par de l'hexacyanoferrate, il n'obtint pas le rouge carmin attendu. En concentrant le précipité, il eut d'abord du pourpre puis un bleu profond.

 

 

Après

 

 

La correspondance entre Leibniz et Frisch appelle bleu de Prusse ce pigment bleu foncé en mars 1709 ; d'autres lettres de novembre 1709 disent bleu de Berlin (« berlinisch Blau »).

 

 

Diesbarch et Frisch produisirent en premier ce pigment à Berlin, au moins entre 1708 et 1716. Frisch en assurait principalement la promotion et la vente ; il en tirait des profits substantiels. Johann Conrad Dippel le produisit aussi aux Pays-Bas, durant son séjour dans ce pays jusqu'en 1714.

 

 

Dès 1709, le nouveau pigment est envoyé aux peintres de Paris, Leipzig, Bâle et en Italie. Les peintres européens l'adoptent rapidement.

 

 

Le médecin naturaliste britannique John Woodward publie en 1724 dans les Philosophical Transactions un procédé de production, sur la base d'une lettre reçue d'Allemagne.

 

 

L'année suivante, le chimiste médecin Étienne-François Geoffroy, révèle aux chimistes français les secrets de fabrication et bientôt toute l'Europe est au courant. Le bleu est alors connu aussi sous le nom de bleu de Paris.

 

 

 

"Bleu comme Nos Mots circulant sur le fil de Soie,

s'émerveillaient d'Amour La Princesse et son Prince,

et de PruSSe de ce ciment scellant notre UNion"

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
25 juillet 2022 1 25 /07 /juillet /2022 13:03

Valérius Cordus et l'éther

 

Image dans Infobox.

 

1515 - 1544

 

En 1540, il devient la première personne, du moins en Europe, à synthétiser l’éther, un liquide volatil appelé l’huile douce de vitriol, par l’ajout d’acide sulfurique à de l’éthanol.

 

 

 

Que sait-on sur l'éther diéthylique en 1544?

 

 

Image illustrative de l’article Éther diéthylique

 

 

 

La synthèse de ce produit est attribuée à Jäbir ibn Hayyan au VIIIème siècle ou à l'alchimiste Raymond Lulle en 1275, bien qu'aucune preuve de cette époque ne l'atteste.

 

 

En 1540 Valerius Cordus réalisa sa synthèse par distillation d'un mélange de vitriol (acide sulfurique) et d'« esprit de vin » (éthanol). C'est pour cela qu'il a été appelé « éther sulfurique » pour éviter la confusion avec les autres éthers.

 

 

Ethanol is mixed with a strong acid, typically sulfuric acid, H2SO4. The acid dissociates in the aqueous environment producing hydronium ions, H3O+. A hydrogen ion protonates the electronegative oxygen atom of the ethanol, giving the ethanol molecule a positive charge:

CH3CH2OH + H3O+ → CH3CH2OH+2 + H2O
 

A nucleophilic oxygen atom of unprotonated ethanol displaces a water molecule from the protonated (electrophilic) ethanol molecule, reforming the hydronium ion and yielding diethyl ether.

CH3CH2OH+2 + CH3CH2OH → H3O+ + CH3CH2OCH2CH3

 

 

 

Peu de temps après, Theophrastus Bombastus von Hohenheim, plus connu sous le nom de Paracelse, découvre ses propriétés analgésiques.

 

Le nom éther a été donné à ce produit en 1729 par August Sigmund Frobenius.

 

Partager cet article
Repost0
24 juillet 2022 7 24 /07 /juillet /2022 17:14

Les Alchimistes

 

 

Jean Beguin

 

 

1550 - 1620

 

 

Jean Béguin (1550-1620) est un apothicaire et chimiste français auteur de l'un des premiers livres de « chimie », ou du moins de la forme transitoire de l'alchimie qui allait devenir plus tard la science chimique. Le succès de l'ouvrage a participé à faire accepter quelques innovations majeures apportées par Paracelse à la thérapie et à l'analyse « chimique » des substances, sous la forme de « la résolution des mixtes en leur principes », préfigurant l'analyse chimique des substances.

 

 

 

Pour couper court aux éditions pirates de ses cours, il se décide à publier en 1610 une version courte de son enseignement sous le nom de Tyrocinium Chymicum7 « L'entraînement du chimiste », d'abord en latin en 1610, puis en français grâce à la traduction par Jean-Lucas de Roy sous le titre Les Elemens de chymie de Maistre Jean Béguin, reveus, expliquez et augmentez par Jean Lucas de Roy, 3e édition, Lyon, P. et C. Rigaud.

 

 

Jean Béguin connaissait bien les doctrines alchimiques de l'époque, puisqu'il avait publié en 1608 la première édition parisienne du célèbre traité alchimique, le Novum Lumen Chymicum de Sendovogius, alchimiste polonais à la cour de l'empereur de Prague.

 

 

Il fut aussi très influencé par le Alchemia du chimiste allemand Libarius dont il reprit des passages entiers dans son ouvrage11.

 

Les Éléments de chimie, 1615

Tyrocinium chymicum

 

 

L'ouvrage présente les techniques (al)chimiques des paracelsiens en se tenant à distance de la philosophie naturelle d'inspiration chrétienne de Paracelse. En se revendiquant au contraire d'Aristote et Galien, il tente une conciliation entre médecins humanistes galénistes et médecins paracelsiens. Là où Paracelse avec ses coups d'éclat, avait échoué, on peut considérer que Jean Béguin a réussi à faire accepter quelques innovations intéressantes de Paracelse.

 

 

On trouve dans cet ouvrage un des premiers emplois en français du terme « alcool » pour désigner le produit d'une distillation du vin :

« Quand la poudre ou chaux est rendue impalpable, comme farine très subtile, ils [les Chymiques] l’appellent Alcool, duquel mot ils se servent aussi pour exprimer l’esprit-de-vin très subtil & plusieurs fois rectifié, lequel ils nomment Alcool de vin. » (Les éléments de chimie, 1620)

Cette nouvelle acception avait d'abord été introduite en allemand par Paracelse sous la forme de alkohol vini.

 

 

Dans le livre, il décrit la synthèse de l’acétone, qu’il appelle esprit ardent de Saturne et qu’il prépare par pyrolyse de l’acétate de plomb (ou sel de Saturne).

 

 

Pb(CH3COO)2 → PbO(s) + CO2(g) + (CH3)2CO

 

acétate de plomb

L'acétate de plomb(II) est aussi connu sous le nom d'acétate de plomb, de diacétate de plomb, sucre de plomb, sucre de saturne, sel de Saturne, eau de Goulard ou encore poudre de Goulard.

Pb2+.svg    Acetat-Ion.svg

 

acétone ou propanone  

 

Image illustrative de l’article Acétone

 

 

 

 

 

 

 

Que savait-on sur l'acétone en 1615?

 

La première synthèse de l'acétone fut réalisée en 1606 par Andreas Libavius à partir d'acétate de plomb (ci-dessous à partir du carbonate de calcium, via l'acétate de calcium)..

 

 

Synthese von Aceton aus Kalk und Essigsäure („Kalksalzdestillation“)

 

 

Il faut savoir que Robert Boyle, en 1661, en réalisa une autre synthèse à partir d'acide pyroligneux (pyro- : du latin pyre, chaleur, feu ; ligneux : du latin lignum, bois), nom donné aux condensats bruts produits lors de la pyrolyse du bois et plus particulièrement des feuillus. Il se compose de 80 à 90 % d'eau et de 10 à 20 % de composés organiques, dont notamment de l'acide acétique, du méthanol, de l'acétone, ainsi que des goudrons solubles et insolubles.

Partager cet article
Repost0
22 juillet 2022 5 22 /07 /juillet /2022 17:37

Alchimie

 

les alchimistes

 

Artéphius

 

XIIème siècle

 

vers 1150

 

Citons le « Dictionnaire infernal (1863) de Collin de Plancy » qui lui consacre un article:

Artéphius, philosophe hermétique du douzième siècle, que les alchimistes disent avoir vécu plus de mille ans parles secrets de la pierre philosophale. François Pic rapporte le sentiment de quelques savants qui affirment qu’Artéphius est le même qu’Apollonius de Tyane, né au premier siècle sous ce nom, et mort au douzième sous celui d’Artéphius.

On lui attribue plusieurs livres extravagants ou curieux : 1° l’Art d’allonger sa vie (De vita Propaganda), qu’il dit dans sa préface avoir composé à l’âge de mille vingt-cinq ans ; 2° la Clef de la Sagesse suprême [1] ; 3° un livre sur les caractères des planètes, sur la signification du chant des oiseaux, sur les choses passées et futures, et sur la pierre philosophale [2]. Cardan, qui parle de ces ouvrages au seizième livre de la Variété des choses, croit qu’ils ont été composés par quelque plaisant qui voulait se jouer de la crédulité des partisans de l’alchimie.

 

[1] Clavis majoris sapientiæ, imprimé dans le Théâtre chimique. Francfort, 1614, in-8°, ou Strasbourg, 1699, in-12. Clef de sagesse (Clavis majoris sapientiae), édité à Paris en 1609 et traduit en 1632, et dans lequel il insiste sur le rapport entre la génération des métaux et l'influence des astres, et où il donne la préparation du savon. Cet ouvrage a fait l'objet d'une étude approfondie de Chevreul.

[2] De characteribus planetarum, cantu et motibus avium, rerum prœteritarum et futurarum, lapideque philosophico. Le traité d’Artéphius sur la pierre philosophale a été traduit en français par P. Arnauld, et imprimé avec ceux de Sinésius et de Flamel. Paris, 1612, 1659, 1682, in-4°.

 

On attribue encore à Artéphius le Miroir des miroirs, Spéculum speculorum, et le Livre secret, Liber secretus. »

 

 

Que savait-on en 1150 sur la préparation du savon?

 

 

 

La plus ancienne évocation de la réaction de saponification remonte au début du IIIe millénaire av. J.-C. dans les royaumes de Babylone et de Sumer.

 

 

Les Sumériens maîtrisaient la saponification et composaient une préparation à base de graisse et des cendres bouillies, dont l'effet est proche du savon que nous connaissons :

« Ainsi, il me purifie avec l'eau, ainsi, il nettoie avec la potasse, ainsi se fait le mélange de l'huile pure et de la potasse… »

 

 

Pouvaient être inclus divers éléments médicinaux pour un usage thérapeutique.

 

 

Les Égyptiens, en guise d'hygiène corporelle quotidienne, se frottaient avec du natron, du carbonate de soude naturel extrait des lacs salés après évaporation, hydraté. Le papyrus Ebers (Égypte, 1550 av. J.-C.) indique dans sa partie finale que les Égyptiens utilisaient une substance semblable à du savon à des fins pharmaceutiques. Cette substance était obtenue par un mélange de graisses animales (oie) ou végétales avec du sulfate de plomb (extraits de galène) ou de carbonate de sodium (extrait des bords du Nil). La pâte nommée « Trona », probablement toxique lorsqu'elle emploie du sulfate de plomb, était mise à reposer une journée avant son application sur les yeux.

 

 

Les Germains et les Celtes utilisaient de la graisse de chèvre et des cendres de bouleau pour fabriquer leur savon.

 

 

Le savon est, selon Pline, une invention gauloise, il décrit savons durs et savons mous. Le mot latin sapo a donné le français savon et les mots de même sens dans les autres langues romanes. Il s’agit d’un emprunt au proto-germanique *saip(ij)ǭ qui a donné l'allemand Seife et les mots de même sens dans les autres langues germaniques. Le proto-slave mydlo a donné le russe мыло et les mots de même sens dans les autres langues slaves.

 

 

Substance lavante et nettoyante connue en Europe occidentale depuis l'époque gauloise, il est fabriqué en quantité à partir de cendres alcalines ou potassiques (cendres de hêtre, de l'herbe à savon), de suif, de saindoux de sanglier (typique du « savon gallique ») ou d'huiles excédentaires non comestibles. Il sert surtout, appliqué comme onguent sur les chevelures d'après la littérature latine, de shampooing ou de gel colorant à l'usage les longs cheveux en « rouge » (en fait chevelure blonde tirant vers le roux).

 

 

À côté de la toilette des mains et du visage, il faut retenir l'emploi de substances de toilette complexes à base de suc de plantes, de savons mêlés de substances adoucissantes ou grasses, telles le beurre ou la glycérine, mélange de moins en moins agressif ou de plus en plus protecteur appliqué de la pointe à la racine des cheveux.

 

 

Gallipoli, ville portuaire sur la mer Ionienne dans le sud de l'Italie, a probablement été l'origine du savon de Marseille. Grâce à ses nombreuses oliveraies et à ses multiples pressoirs souterrains (frantoi ipogei), le Salento commercialise dans toute l'Europe une huile d'excellente qualité. L'idée d'ajouter de la soude aux restes des olives qui venaient d'être pressées une première fois permit de fabriquer des savons blancs.

 

Procédé de saponification

 

1/ à chaud

La saponification à chaud ou méthode au chaudron est une technique industrielle de fabrication du savon, où les matières grasses sont chauffées en présence d'une grande quantité de soude, afin d'assurer la transformation totale des corps gras en savon. Le mélange est chauffé plusieurs heures voire jours et remué régulièrement. La pâte à savon est ensuite rincée abondamment afin d'éliminer la soude en excès. Puis le savon est coulé et refroidi, et laissé à sécher pendant 24 heures. Il est utilisable immédiatement après.

C'est la méthode de fabrication la plus couramment utilisée dans les industries savonnières, rapide, et consommatrice en énergie et en eau. Elle produit un savon de qualité moyenne, avec un fort pouvoir lavant et une longue tenue, mais agressif pour la peau. Le savon à chaud produit industriellement est souvent composé d'huiles peu onéreuses (huile de palme, huile de coprah), permettant une fabrication massive à prix moindre. Cette technique est notamment utilisée pour produire le savon de Marseille (à base d'huile d'olive) et le savon d'Alep (à base d'huile de laurier). 

 

2/ à froid

La saponification à froid consiste à réaliser la réaction de saponification à température ambiante ou légèrement supérieure (entre 40 °C et 50 °C). Cette méthode ne requiert pas de source de chaleur complémentaire, hormis celle utilisée pour faire fondre et mélanger les huiles. On intègre à la recette la quantité exacte de soude nécessaire à la transformation des graisses en savon. C'est une réaction chimique totale, qui ne s'achève que lorsque l'un des composants est complètement épuisé. Des corps gras additionnels sont ajoutés en fin de préparation (procédé appelé le « surgraissage ») afin de garantir une transformation totale de la soude en savon, et une grande douceur pour la peau. La saponification à froid produit également un savon naturellement riche en glycérine (le glycérol), qui possède un fort pouvoir lavant et des propriétés adoucissantes.

La pâte est ensuite coulée et isolée thermiquement pendant 48 heures, pendant lesquelles elle va monter en température. Au bout de 48 heures, les savons sont encore tendres et peuvent être modelés. Ils subissent ensuite une période de « cure » allant de quatre à six semaines, dans un lieu sec et aéré, permettant au savon de sécher et durcir, voire à la réaction chimique de saponification de s'achever totalement. Un savon qui contiendrait trop d'eau fondrait rapidement au contact de l'eau, d'où l'importance de la cure.

Cette méthode est lente et moins polluante que la méthode à chaud. Elle ne permet pas une production industrielle du fait de sa durée de fabrication. Elle produit un savon de qualité, qui conserve les propriétés des huiles utilisées à la fin de la réaction chimique totale, car elles ne sont chauffées que pour être mélangées, contrairement à la saponification à chaud.

 

 

Partager cet article
Repost0
11 juillet 2022 1 11 /07 /juillet /2022 13:08

Alchimie Organique:

 

Chapitre 1: les atomes

 

le platine

 

Pt

 

 

 

numéro atomique: 78

 

 

 

élément du groupe 10

de la classification périodique des éléments

 

 

 

1s2 2s2 2p6 3s2 3d10 3p6

4s2 4d10 4f14 4p6 5s2 5d9 5p6 6s1

 

 

 

 

 

Le symbole alchimique du platine a été créé tardivement après par « fusion » ou accolement des symboles, respectivement lunaire et solaire, de l'argent et de l'or. Résumé du cosmos, dans toute son harmonie, par la Lumière, éclat brillant du platine, née aussi bien de l'étoile Soleil que réfléchie par la Lune.

 

 

 

D'une part, Soleil pointant la Terre en son centre, vestige du système géocentrique et d'autre part Lune en son premier croissant, premier flux de Lumière nocturne de son cycle. Trio des astres de l'étoile à la planète en passant par son satellite. Mais aussi allégorie de la Connaissance éclairant à l'infini l'Humanité.

 

 

 

Ce métal de transition fait partie du sous-groupe ou triade du nickel, avec le nickel et le palladium, et dans un sens plus large du sous-groupe des éléments du groupe 10.

 

 

Citons ses propriétés physico-chimiques remarquables, en termes d'adsorption et de catalyse. Un fil fin de platine peut initier et favoriser la décomposition de la vapeur de méthanol en gaz dihydrogène et en méthanal.

 

 

Symbole alchimique du platine:

premier croissant de lune à gauche

et

Symbole alchimique du platine

 

cercle adjacent pointé en son centre à droite

 

 

 

 

 

Alchimie Organique -02- Les atomes: le platine.

Lune et Soleil

tout pour B&JL

Partager cet article
Repost0
11 mars 2021 4 11 /03 /mars /2021 10:27

Jabir ibn Hayyan

 

 

(721 - 815)

 

 

Abu Mūsā Jābir ibn Hayyān (en arabe : جابر بن حیان, en persan : جابر بن حیان, souvent avec les nisbahs d'al-Bariqi, al-Azdi, al-Kufi, al-Tusi ou al-Sufi ; fl. c. 721 - c. 815), aussi connu par la latinisation Geber, était un polymathe : chimiste et alchimiste, astronome et astrologue, ingénieur, géographe, philosophe, physicien, et pharmacien et médecin perse originaire de Tous, Khorassan, Iran.

 

 

'Geber' a également été réutilisé par un moine franciscain d'Assise, Paul de Tarente, habituellement appelé Pseudo-Geber, pour publier des écrits d'alchimie et de métallurgie7.

 

 

Image dans Infobox.

 

 

Fermement bâtis sur des observations expérimentales, ses livres donnent une systématisation des procédés chimiques fondamentaux utilisés par les alchimistes, tels que la cristallisation, la distillation, la calcination, la sublimation et l'évaporation. Ils constituent donc un grand pas dans la transformation de la chimie d'un art occulte en une discipline scientifique.

 

 

En particulier, Jâbir devine que des quantités finies de différentes substances sont mises en œuvre au cours des réactions chimiques, devançant ainsi de presque un millénaire les principes de la chimie moderne et notamment de la loi des proportions définies découverte par Joseph Louis Proust en 1794.

 

 

Héritier des alchimistes gréco-égyptiens comme Zosime de Panopolis, il utilisa l'alambic, qui lui permit d'effectuer des distillations de manière plus sûre, plus aisée et plus efficace. En distillant des sels en présence d'acide sulfurique, Jâbir découvrit l'acide chlorhydrique (à partir de chlorure de sodium) et l'acide nitrique (à partir de salpêtre) et aussi l'acide tartrique (à partir de résidus de vinification).

 

 

Il remarqua que l'ébullition du vin produit une vapeur inflammable, ouvrant ainsi la voie à la découverte de l'éthanol par Al-Razi.

 

 

Il proposa également une nomenclature des substances, qui peut être vue comme posant les bases de la classification des éléments moderne. Il proposa de séparer les substances en trois catégories : « esprits », qui se vaporisent sous l'effet de la chaleur comme le camphre, l'arsenic ou le chlorure d'ammonium ; les « métaux » comme l'or, le plomb, le cuivre et le fer ; et les « pierres » qui peuvent être broyées sous forme de poudre.

 

 

Jâbir ajouta quatre propriétés à la physique d'Aristote : le chaud, le froid, le sec et l'humide. Chaque élément de la physique d'Aristote était caractérisé par ces propriétés : le Feu était chaud et sec, l'Eau froide et humide, la Terre froide et sèche et l'Air chaud et humide. Dans les métaux, deux de ces propriétés étaient intérieures et deux extérieures. Par exemple, le plomb était froid et sec, et l'or chaud et humide. D'après la théorie de Jâbir, il devrait être possible en réarrangeant les propriétés d'un métal d'en créer un nouveau. Cette théorie fut à l'origine de la recherche de l’al-iksir, l'élixir indéfinissable qui aurait rendu cette transformation possible, équivalent de la pierre philosophale dans l'alchimie européenne.

 

 

On lui attribué ainsi la paternité d’un grand nombre d’équipements propres aux laboratoires de chimie. L’alambic est l’une d’elles, et non des moindres puisqu’elle sera l’instrument de base de tout chimiste qui se respecte, aidant grandement au processus de distillation. Plus encore, il sera derrière la découverte ou mise en application de bien de procédés et substances chimiques maintenant courants. Citons pêle-mêle la découverte de l’acide chlorhydrique, citrique, tartrique et nitrique, la mise au point et la préparation de l’acier et d’autres métaux, la prévention face à la corrosion ; l’usage du dioxyde de manganèse dans la fabrication du verre, le vernissage de tissus imperméables, la teinture sur d’autres ou l’identification de peintures et graisses. Il va aussi faire la classification des éléments en métaux, non-métaux et substances volatiles ceci en les distinguant quant à leurs propriétés. Il va encore durablement développer certaines techniques propres telles que la distillation, la cristallisation, la calcination ou l’évaporation. Aussi inventa-t-il l’eau régale, seul liquide permettant de dissoudre l’or.

 

 

Que sait-on de l'acide tartrique en 800?

 

 

(voir classification -80-)

 

 

L'acide tartrique est connu depuis des siècles par les vignerons. Il a été isolé la première fois dans le tartrate de potassium, décrit dès 800 par l’alchimiste Jabir ibn Hayyan sous le nom de tartre.

 

 

L'acide tartrique est généralement extrait industriellement des co-produits de la vinification : tartres et lies de vin récupérés sur le fond et les parois des cuves. Ces résidus de vinifications sont séchés, purifiés et débarrassés des impuretés résiduelles. Ils sont ensuite transformés en une poudre blanche sans odeur avec un petit goût amer : l'acide tartrique naturel.

 

 

après

 

 

C'est le principal acide du vin (provenant du raisin), sous sa forme naturelle c'est-à-dire L-(+).

 

 

Tartaric acid.svg

 

L‘acide tartrique est le nom usuel de l'acide 2,3-dihydroxybutanedioïque, qui a pour formule brute C4H6O6. C'est un acide α-hydroxylé. Sa formule semi-développée est HOOC-CHOH-CHOH-COOH.

 

 

L'acide tartrique possède deux atomes de carbone asymétriques mais ne possède que trois stéréoisomères car le (R,S)-acide tartrique est une forme achirale dite « méso » car possédant deux atomes de carbone asymétriques tout en ayant un centre de symétrie au milieu de ces deux atomes de carbone.

 

 

Image illustrative de l’article Acide tartrique

 

 

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
17 février 2021 3 17 /02 /février /2021 14:51

Alchimie Organique:

 

Chapitre 1: les atomes

 

l'argent

 

Ag

 

 

 

numéro atomique: 47

 

 

 

élément du groupe 11

de la classification périodique des éléments

 

 

 

1s2 2s2 2p6 3s2 3d10 3p6 4s2 4d10 4p6 5s1

 

 

 

Métal malléable et très ductile,  blanc et brillant.

 

Dédié à la Lune ou à la déesse lunaire Artémis/Diane, il figure depuis l'Antiquité parmi les sept métaux sacrés,

 

 

 

Symbole alchimique de l'argent: premier croissant de lune

 

 

 

 

Symbole alchimique de l'argent

Symbole alchimique de l'argent

Partager cet article
Repost0